Acte de désobéissance civique, pourquoi je ne reçois pas M. Le Ministre François Lamy?

Récupération ou reconnaissance de « La Marche pour l’égalité » ?

Communiqué de presse de de M. Toumi DJAIDJA, initiateur de « La Marche pour l’égalité et contre le racisme » (15 octobre – 3 décembre 1983) et président du Jury des Y’a Bon Awards 2013, suite à son refus de recevoir Ministre délégué chargé de la ville, M. François Lamy.

Toumi Djaidja pris en photo par Mourad Boudabbouz

Toumi Djaidja pris en photo par Mourad Boudabbouz lors des Y’a Bon Awards 2013

Dans ce contexte de commémoration des 30 ans de la Marche pour l’Egalité, je me vois dans l’obligation de sortir de ma réserve. Pendant 30 ans j’ai nourri l’espoir que l’égalité soit le chantier permanent de la République celle à laquelle nous aspirons tous. Mais aujourd’hui force est de constater, malgré des avancées certaines, l’inégalité frappe toujours voire plus encore.

Je parle de ces femmes, de ces hommes sacrifiés sur l’autel des inégalités. Beaucoup d’entre nous vivent dans des conditions inadmissibles, laissés non pas sur le bas-côté de la route mais dans le fossé des inégalités : le mal-logement, l’exclusion, la paupérisation, la marginalisation. Si ce système continue tel quel, il est à parier qu’il court à sa perte. Je suis comme des millions de nos concitoyens une victime de la guerre sociale.

La Marche pour l’égalité doit s’inscrire dans l’histoire commune pour rappeler que la République ne doit laisser aucun répit à la lutte pour le droit à la dignité, le droit pour la non-discrimination.

Je ne peux cautionner l’inaction politique en signant un chèque en blanc au gouvernement.

Si certains cherchent à capter l’héritage sympathie suscité par la Marche à travers cette commémoration, cela ne peut se faire à moindre frais. La commémoration doit être un moment fort où des décisions politiques courageuses et concrètes sont prises pour que l’histoire de nos quartiers populaires s’inscrivent enfin dans l’histoire de notre pays.

Nous savons la rupture de la transmission, ses conséquences et ses enjeux. Il nous faut nous construire une histoire commune, partagée par le plus grand nombre pour que vive la mémoire. Nous savons que l’histoire c’est la projection, que ce qui manque à notre jeunesse c’est l’identification projective vitale à sa construction. Mais comment cela est-il possible si l’histoire est amputée ? Là où est née cette marche aujourd’hui dans ce quartier des Minguettes, la jeunesse ne peut relater cette histoire.

Après l’espoir qui a porté les électeurs, c’est dans l’isoloir que chaque citoyen devra prendre sa responsabilité.

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4 Réponses

  1. Boutaleb Aïcha dit :

    Bonjour,
    Complètement en accord avec Toumi Djaidja, j’espère un jour l’accueillir à Nantes.
    Le combat continue..

  2. erictouak dit :

    « La désobéissance est une ffaculté d’agripper des branches avec les orteils ; il a perdu quoi en refusant l’ami le ministre Lamy ? Rien…
    Nous avons gagné un cerveau plus riche en neurones, moi je pense que c’est juste une nécessité de ne pas achever cette marche qui continue depuis 83….

  3. HANNOU dit :

    Bonjour à tous,
    Je suis un des témoins qui était présent sur l’esplanade de La Tour Montparnasse à attendre les courageux marcheurs pour l’égalité des droits, Le ministre Jack LANG et son staff attendaient à la bouche du métro pour accueillir les marcheurs pour l’égalité.
    30 ans après la situation globale de ces enfants des parents migrants des anciennes colonies ou certains enfants de la république c’est empirée.
    Quelle morale.
    Moussa

  4. Un-Enragé-D'Ici-Bas dit :

    Non ! C’est pas tout-à-fait exact ! La situation a empiré, certes, mais en plus le racisme, L’islamophobie et la xénophobie se sont généralisés à toute la société, 30 ans après la marche et 32 ans après l’arrivée de la gauche au pouvoir, la gauche qui allait « changer la vie ici et maintenant » ! Pour un changement de la vie, c’est bien réussi ! Précarité généralisée, quadrillage et contrôle policier des quartiers généralisés, impunité policière totale, stigmatisation systématique, suspicion et criminalisation automatiques, désignation à la vindicte populaire quasi-quotidienne, les fameuses « valeurs » du front national qui sont devenues nationales, etc. Qui l’eût cru .. il y a 30 ans ?
    Bonjour l’Égalité !

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