Chère Elise

Chère Elise

Il y a des sourires qui en disent longs. Vendredi dernier, vous avez reçu comme à l’accoutumée une personnalité afin de clore le journal télévisé, sur une note ensoleillée à l’approche du week-end. Mais en l’espace de quelques secondes, suite aux propos racistes qui ont émané des pensées nauséabondes du parfumeur Guerlain, par votre ricanement, vous avez banalisé l’inacceptable. Il est vrai qu’un nègre n’est bon qu’a être exploité, n’est ce pas, Élise ? Rions-donc à gorges déployées, en ces temps anxiogènes. Allons-y gaiement, puisque personne n’y trouvera à redire ! Il est vrai que vous faites parti du sacro-saint service public… Celui qui protège ses enfants de chœur qui répondent aux doux nom d’animateurs et de journalistes, tous blancs comme neige, une couleur si pale qu’elle fait rire jaune les téléspectateurs en quête éperdue d’un miroir multicolore dans lequel s’identifier…

Et n’est ce le point là, le vrai problème, cette monochromie de France Télevision ?

Guerlain aurait-il eu l’outrecuidance de vomir le même discours face à Audrey Pulvar ? J’en doute. Toutefois, la présence d’un journaliste issu de la diversité ne suffit pas a dissuader les leaders d’opinion d’emettre des propos discriminants, loin s’en faut. Encore faut il un service public qui donne davantage le droit à la parole aux minorités qui contribuent et contribueront à la dignité de ce pays. À quand une télévision publique à l’image de la société française dans toute sa diversité ? On ne compte plus les rapports et autres commissions qui préconisent toujours plus de couleurs, et au final, nous restons dans le conservatisme. France Télevision aurait dû être pionnière dans ce domaine, elle a la responsabilité d’être exemplaire… mais que nenni. Elle s’illustre, avec la complicité du CSA, par sa passivité et son absence manifeste de volonté sur ce sujet. Pire encore, elle ne sanctionne pas ou si peu ses pseudo-stars du ptit-écran qui en toute impunité laissent passer des propos racistes, et donc légitiment les pires préjugés, sous les yeux ébahis de millions de téléspectateurs qui paient leur redevance.

Ne vous en déplaise, Élise : celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. Mais continuez à sourire…

Billy Brighton

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