Communiqué : Rencontre tendue avec le Premier secrétaire du Parti socialiste, M. Harlem Désir

Stop le contrôle au faciès

Une réunion entre M. Harlem Désir et un groupe d’associations antiracistes et pour l’égalité civique s’est tenue ce lundi 11 février. Etaient présents Banlieue citoyenne, le CRAN, le Mouvement pluricitoyen, République et Diversité, Solidarité Africaine de France, ainsi que la Brigade antinégrophobie, Cité en mouvement,  HIA Network France, les Indivisibles, et Norside, associations membres du Collectif contre le contrôle au faciès.

Lors des élections présidentielles, François Hollande a réalisé ses meilleurs scores en Guadeloupe, en Martininique, en Guyane, à la Réunion, en Seine-Saint-Denis, et ensuite seulement en Corrèze. La mobilisation citoyenne dans les quartiers populaires a été particulièrement forte. Ainsi, à Trappes et à Villetaneuse, M. Hollande a obtenu respectivement 71,01% et 78,22% des suffrages exprimés. Or depuis l’élection, de nombreux engagements ont été trahis.

C’est dans ce contexte que s’est tenu ce lundi 11 février, rue de Solférino, une réunion entre M. Harlem Désir et un groupe d’associations antiracistes et pour l’égalité civique. Etaient présents Banlieue citoyenne, le CRAN, le Mouvement pluricitoyen, République et Diversité, Solidarité Africaine de France, ainsi que la Brigade antinégrophobie, Cité en mouvement,  HIA Network France, les Indivisibles, et Norside, associations membres du Collectif contre le contrôle au faciès.

Les sujets à l’ordre du jour étaient nombreux : la question des class actions dans le domaine de la discrimination, les statistiques de la diversité, la représentation de la diversité dans les partis politiques, la politique de récépissé du contrôle d’identité, la question du droit de vote des résidents non-communautaires, la création d’un secrétariat chargé de la lutte contre les discriminations.

Dans l’ensemble, les associations ont été très surprises des réponses de M. Harlem Désir, qui s’est montré souvent ignorant des engagements du président et du gouvernement, et qui s’est positionné souvent à contre-courant des évolutions récentes de la majorité présidentielle.

Ainsi, M. Désir ne savait rien des engagements pris par Matignon en octobre dernier dans le domaine des réparations relatives à l’esclavage. Il en était encore à invoquer la nécessité d’un débat sur le principe, alors que celui-ci a déjà été acté par le gouvernement.

De même, M. Désir semblait ignorer que M. Hollande avait promis pendant la campagne d’élargir  au droit de la discrimination le principe des class actions, prévu initialement pour le droit de la consommation, mais il a tout de même accepté de mettre en place un groupe de travail sur ce sujet d’ici fin mars.

Sur la question de la politique du reçu du contrôle d’identité, les associations prennent acte de la timide avancée de M. Désir. Consciente de l’importance ainsi que des nombreux avantages de cette politique, Martine Aubry avait affirmé le soutien sans équivoque du Parti Socialiste à cette mesure, lors des dernières universités d’été à la Rochelle, allant jusqu’à proposer l’expérimentation dans sa ville. Depuis, alors que plusieurs parlementaires issus de formations politiques allant du Parti Communiste jusqu’à l’UDI ont déposé des propositions de loi en ce sens, Harlem Désir s’était aligné sur la position de Manuel Valls, en rupture par rapport à la position initiale de M. Ayrault. Au terme de cette rencontre du 11 février, le Premier secrétaire du Parti socialiste a finalement déclaré ne pas être opposé à une expérimentation et s’est également dit prêt à étudier le sujet de nouveau.

M. Hamon disait récemment à Médiapart : « Avant de s’intéresser à l’électorat populaire quia voté Front national, on peut aussi s’intéresser à l’électorat populaire qui a voté pour nous.Le meilleur moyen de gagner une réélection, c’est de faire revoter ceux qui ont déjà voté pournous. » A un an des municipales, les associations invitent M. Désir à méditer ces paroles. En effet, elles n’excluent pas de soutenir des candidatures alternatives face à des candidats issus de partis ayant trahi le vote des minorités.

Les Indivisibles, membre du Collectif Stop au Contrôle au Faciès

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