Conseil de discipline pour Xavier Darcos

Interrogé au sujet des potentiels effets pervers de la réforme de la carte scolaire lors de l’émission LE DUO BFM diffusée sur la radio BFM.* Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale déclare avec une spontanéité déconcertante : « Je ne vois pas pourquoi j’interdirais par exemple à une jeune fille issue de l’immigration maghrébine qui est dans un collège difficile et qui a envie de réussir scolairement, je dirais « Non, tu es assignée à résidence, tu restes là avec les grands frères et les barbus, tu n’as pas le droit d’aller…  » ».

Conseil de discipline pour Xavier Darcos, sous-commandant du mépris ordinaire envers les couches populaires ! Notre ministre de la (mauvaise) Education Nationale s’essaie ici à un exercice politique bien rôdé ces dernières décennies en se faisant passer pour le Robin des Bois des filles opprimées. Et pas n’importe lesquelles puisqu’il s’agit des filles « issues de l’immigration maghrébine », scolarisées dans des « collèges difficiles »…..difficiles du fait de qui? Bien entendu, il omet d’évoquer les inégalités sociales dans l’éducation, les effets de la ségrégation sociale et en partie ethno-raciale à l’école, le développement d’un islam rigoriste dans les banlieues françaises causé notamment par la relégation sociale, la domination culturelle et le racisme. Non, Darcos préfère désigner le mouton émissaire qu’il trouve dans les légendaires figures basanées du « barbu » et du « grand frère »… Pourtant les cités ne sont pas des repaires mal famés habités par une unique catégorie de jeunes hommes que Xavier Darcos stigmatise comme si l’excédent de pilosité ou le fait de naître premier d’une fratrie constituaient des délits ! Ces adolescents fréquentent eux aussi les établissements scolaires « difficiles » et aspirent à une réussite scolaire. N’est-il donc pas aussi leur ministre?

Dans un élan de solidarité opportu-fémi-niste, le ministre nous apprend également qu’on reconnaît un maghrébin méritant à son genre : féminin !
Les filles d’origine maghrébine sont décrites comme victimes a priori de l’oppression de leurs frères. La « té-ci » est une embarcation précaire qui sombre, et la République se fait un devoir de secourir les femmes d’abord… en fait les femmes seulement ! A ce titre, et à la condition qu’elles renoncent à engager des poursuites contre le système de domination social et raciste, elles seront invitées dans les cercles de la France qui gagne.

En effet, c’est bien DIFFICILE à avaler pour Samia, Fairouz et leurs sœurs qui n’ont certainement pas intérêt à courir vers les bras tendus du gouvernement et des intérêts qu’il défend, qui n’ont pas non plus intérêt à accepter cette charité venant de la main qui nourrit l’injustice…

Si nous n’étions pas passés à des pédagogies nouvelles, le ministre de l’Education Nationale mériterait de porter le bonnet d’âne et de copier 200 fois : « je ne dois pas diviser les élèves, les frères et sœurs, les pauvres, les Français sur la base des origines, pour mieux régner ».

*Emission du 28 juin 2007 animée par Hedwige Chevrillon et Ruth Elkrief diffusée sur la radio BFM.

Noria Belgherri et Rokhaya Diallo pour Les Indivisibles

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