Dis voir si t’es divers !

La diversité est un concept aux contours un peu flous, mais en tout cas très à la mode. Le CSA n’est pas en reste et souhaite se mettre à la page. L’article du JDD.fr de dimanche 25 janvier titre que « le CSA s’ouvre à la diversité » avec la nomination de Françoise Laborde et de deux personnes de couleur.

Pourtant, Rachid Arab siège au CSA depuis 2007. N’a t-il pas ouvert les portes de l’institution à la diversité dès son arrivée? Pas assez de mélanine?

Quant à Françoise Laborde, elle en est exclue de fait. On se demande pourquoi.

La diversité ne s’appliquerait donc qu’aux « personnes de couleur ». Penchons-nous sur ce terme. Une anecdote me vient à ce propos. Ma voisine veut me décrire une personne noire, plus claire que moi. Comme elle n’ose employer ce mot, de peur de me vexer certainement, elle tente de m’expliquer que la personne en question est  » moins de couleur que vous ». A force de vider les mots de leur sens, d’utiliser des périphrases pour rester dans le soi-disant politiquement correct, on en vient à des aberrations comme « Vous êtes plus de couleur que lui. » Pour l’auteur de l’article, diversité est synonyme de « personnes de couleur » qui équivaut à « noir ». Appelons un noir un noir. Et dans ce cas précis, pourquoi l’appeler, s’ils sont nommés pour leurs compétences?
En effet, on déballe leurs différentes fonctions, on s’extasie devant leur C.V. (on finirait par douter qu’ils sont nommés pour leur parcours professionnel), mais on dévoile aussi une partie de leur identité. « Christine Kelly, antillaise de 39 ans » et Emmanuel Gabla, « né d’un père français d’origine togolaise et d’une mère lorraine ».
Ils sont français, mais différents. On ne dit pas noir, mais on cite leurs ascendants pour prouver qu’ils le sont. C’est sûr, ça fait plus discret. Pas d’étalage de pedigree pour Françoise Laborde. Elle est blanche, donc tout à fait légitime.

A partir du moment où des personnes sont prises comme caution d’une pseudo politique d’ouverture du fait de leur couleur de peau, je pense à l’hypocrisie induite et au mépris ouvertement affiché pour ces personnes. C’est quand on arrêtera de parler de nominations, justifiées au vu des différents C.V., comme d’un fait exceptionnel lié à une quelconque « orientation élyséenne » que les choses changeront vraiment.

Pour en savoir plus cliquez sur ces liens :
http://www.lejdd.fr/cmc/media/200904/le-csa-s-ouvre-a-la-diversite_182120.html

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