Être une femme musulmane, tu sais, c’est pas si facile…

Ces derniers temps, dans les medias, on a beaucoup commenté un jugement rendu par le Tribunal de grande instance de Lille. Une femme a menti sur sa virginité à son futur mari. Le marié découvrant la vérité, demanda alors l’annulation du mariage qu’il obtint en vertu du mensonge sur les « qualités essentielles », principe du Droit français. La jurisprudence a reconnu que parmi ces « qualités essentielles », il y avait la nationalité et la capacité à donner du plaisir sexuel à sa ou son partenaire. Ne pas être un bon coup au lit, ou ne pas avoir la bonne nationalité semble étrangement tout à fait acceptable. Tous ces critères, la virginité comme la nationalité ou comme la « puissance sexuelle » sont en fait inacceptables : leur reconnaissance par la justice constitue une atteinte à la dignité humaine.

Des dizaines d’articles qui se déversent en long et en large dans la presse française s’attardent sur la religion des mariés alors que le jugement n’a jamais fait mention de la religion ni des origines des plaignants et que ces derniers n’ont jamais invoqué l’islam comme argument. Pourquoi alors spécifier que les mariés étaient musulmans ?
Christianisme, judaïsme n’ont-ils pas la même position sur la sexualité hors mariage ?

Mais voyons les choses en face, il ne s’agit que de prétextes pour attaquer encore une fois les musulmans. Des musulmans présumés coupables de vouloir attenter à la laïcité et faire régresser la France pour reprendre les mots de l’UMP et de « Ni Putes Ni Soumises ». L’ancienne présidente de « Ni putes ni Soumises », et Ministre, Fadela Amara, a évoqué une «fatwa contre l’émancipation des femmes» ajoutant «J’ai cru que l’on parlait d’un verdict rendu à Kandahar.» Pardon, mais quel rapport avec une fatwa ? La justice française n’a fait qu’appliquer le droit franco-français ! Pourquoi faire le rapprochement avec un régime intégriste disparu, avec une réalité extérieure à la France ?
Peut-être pour retirer aux Français musulmans leur qualité de Français, leur assigner une identité étrangère, et faire encore et toujours de la seconde religion de France un fait « anti-français » par nature ?

Le député UMP Jacques Myard a exprimé son « indignation » face à une décision « choquante (qui) avalise un intégrisme archaïque« .
Marie-Georges Buffet, secrétaire générale du PCF, a déclaré quant à elle: « Toute logique communautariste devrait être étrangère à la justice française, et Mme Dati aurait du demander au parquet de faire appel de cette décision, plutôt que de justifier l’injustifiable« . Il est bon de se demander si ces responsables politiques auraient tenu des propos de cette nature dans le cas où les époux n’auraient pas été d’origine marocaine ?

En parlant de Rachida Dati et de sa condamnation de la politique des « grands frères » et puisqu’on parle de femmes et de laïcité, rappelons qu’un mâle basané n’est pas un macho archaïque en puissance. Le sexisme n’est le monopole d’aucune origine ou religion. La stratégie paternaliste de « protection » des jeunes filles menacées par l’archaïsme de leur « communauté » est une autre manière de stigmatiser les mâles de la dite communauté. La cause de l’égalité entre hommes et femmes est trop importante pour servir de faire-valoir à des propos à la limite du racisme.

Pour en savoir plus cliquez sur ces liens :
http://www.pcf.fr/spip.php?article2829
http://www.20minutes.fr/article/234206/France-Mariage-annule-faute-de-virginite-la-voix-discordante-de-Rachida-Dati.php
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/05/30/mariage-annule-faute-de-virginite-l-ump-demande-a-la-chancellerie-de-reagir_1051955_3224.html?xtor=RSS-3208

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