Finkielkraut en habit vert : bienvenue à Tragic Academy

Alain Finkielkraut est devenu membre de l’Académie française, malgré la polémique suscitée par sa candidature. Il occupe désormais le siège laissé vacant après la disparition de Félicien Marceau qui en son temps avait défrayé la chronique en référence à son passé collaborationniste. Il faut bien admettre que notre pays est doué pour honorer ses enfants aux valeurs douteuses et flatter les symboles de l’anti-républicanisme.

 

Il peut être fier Finkie dans son nouvel habit de bouffon vert, aux côtés de ses nouveaux amis gérontocrates. Il aura tout loisir d’intégrer dans le dictionnaire pour tous le vocabulaire wesh-wesh qui sied si bien à son goût raffiné. «C’est formidable qu’il entre à l’Académie française, lui, un enfant de l’école de la République, naturalisé. » se réjouit la philosophe Elisabeth de Fontenay. A croire qu’en ce moment, les naturalisés aux discours rassembleurs comme les siens ont le vent en poupe. Quelle belle réussite ! Chapeau bas ! Le jour où si belle fête arrivera à un compatriote issu des anciennes colonies semble tout proche. Patience, patience cher Martiniquais, dans un an t’y es…

 

Quoiqu’il en soit, avec clairvoyance et audace intellectuelle, la coupole accueille un humaniste rare, résolument engagé sur tous les fronts, surtout quand celui-ci est national, généreux dans la diatribe orientée dans la défense des plus invisibles de notre république. Car le tribun des plateaux télés a un fond de commerce digne et constant : celui de rattacher sous le drapeau souchien certains Français toujours en quête d’égalité, on se demande bien pourquoi d’ailleurs. Et ça plait ! La preuve !

 

On le voit à la télé, on l’entend à la radio. Quelle verve il déploie à étaler la droiture de son esprit tolérant, toujours prompt à laisser la parole et à écouter jusqu’au bout, dans un silence méditatif, le raisonnement de ses interlocuteurs. Jamais il ne pourrit un débat, sa gestuelle est parfaite et harmonieuse, ses propos sont toujours justes, même les mouches réclament leur part du festin médiatique.

 

Que dire d’ailleurs de ses ouvrages dont les titres volontairement courts et évocateurs démontrent la profondeur de la pensée. Et le style ! Clair, concis, précis. On comprend tout du premier coup. N’en déplaise à ses détracteurs, Finkie n’est ni un narcissique de la parole ni un empoisonneur du socle républicain. Même dans les méandres les plus abscons de ses digressions, on se sent littéralement envoûté par la pensée du citosophe éclairé.

 

Avec son épée de croisé moderne, il aura la prestance d’un bel exemple pour les jeunes et les futures générations de penseurs. A n’en pas douter, il aura à cœur de faire rayonner son esprit altruiste, ouvert aux autres avec la compassion d’un berger menant son troupeau vers sa dernière destination. Et il est fort à parier que son ascension n’en restera pas là. On entend déjà le roulement des tambours des grenadiers au garde à vous. La République reconnaissante semble déjà dérouler le tapis rouge pour faire entrer de son vivant le nouvel immortel dans la Bibliothèque de La Pléiade.

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