J’insiste pas, j’existe

Je me suis reconnue dans tellement de témoignages. Je suis noire et française, en couple avec un français, avec une fille métisse, j’ai fait des études en grande école, mon compagnon est dans le bâtiment…J’ai eu droit à tous les stéréotypes dans ma vie privée comme dans mon parcours étudiant et professionnel.

Quelques grains de sable dans le désert des lieux communs :
« vous venez d’où ? » Du 11è, avec le métro.

« Vous devriez … en tant que nounou » Je suis sa mère et je ne vous ai rien demandé.

 » Elle est jolie cette petite, heureusement elle est si claire » Oui, nous la protégeons du soleil pour lui éviter le charter.

« La Poste ? C’EST A GAUCHE, ET ENSUITE TOUT DROIT, VOUS COMPRENEZ ? » Je comprends très bien et en plus je ne suis pas sourde.

« Tu as fait une grande école, ton père est ministre ? » Non, il est commerçant.

« Et ton mari, tu l’as épousé pour … » En fait, je ne l’ai pas épousée pour… ne pas avoir à me justifier.

C’est tous les jours, pas tous les jours drôle, souvent beaucoup plus insidieux pour un trouble plus délétère.
Je suis passée par toutes les phases du deuil de l’identité, française ou autre : choc avec déni, colère, marchandage, dépression, acceptation. J’en suis à la sixième, la mienne : lucidité avec réciprocité de la relation. C’est une sorte de loi du Talion aménagée, cela demande du calme, de la sérénité, de l’ironie, ce n’est pas simple mais j’aime bien cette phase, elle me semble plus vivable que les autres ! Courage vous autres, Que la lumière soit avec vous …

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