La charte des Indivisibles

Quand on est français, ça ne se « voit » pas !

Un français ne se définit ni par son apparence physique, ni par sa provenance géographique.

Il n’existe pas de souche gauloise « pure » où auraient poussé les vrais Français : ça, c’est bon pour les microbes.

La blancheur et la pureté sont des arguments de pub pour la lessive : ne mélangeons pas tout, la connerie, ça déteint ! Tous les Français ne sont pas blancs* et les Blancs* ne sont pas des Français plus « vrais » que les autres.

Ne pas être blanc* ne signifie pas automatiquement qu’on vient d’un autre pays. Derrière la question « Tu viens d’où ? », bizarrement, on entend « quel est ton milieu naturel ? ».

Contrairement à ce que dit la chanson : « tous les Français ne sont pas nés sous l’signe de l’Hexagone ». Les habitants des DOM TOM sont aussi français que les hexagonaux.

Scoop sur « l’intégration »… Les individus, qui naissent, grandissent et vivent en France sont multicolores et multiconfessionnels. Ils s’expriment, pensent et rêvent en français : ils n’ont pas à « s’intégrer ».

Du portrait-robot à la photo de famille, il n’y a qu’un pas, car il est souvent facile de généraliser à partir d’un cas particulier… Il n’est donc pas toujours nécessaire de mentionner la couleur de peau, l’origine géographique, ou le faciès d’une personne pour décrire une situation.

Attention aux confusions cafouilleuses !

L’apparence physique n’indique pas toujours la nationalité, la culture ou la provenance géographique, et les préjugés qui y sont attachés sont trompeurs.

L’immigration n’est pas une maladie génétique :
Il est donc inutile de désigner systématiquement les Français d’ascendance immigrée, proche ou lointaine, comme étant « issus de l’immigration » ou « immigrés de X génération ».

Halte aux conneries continentales !
Tous les Noirs* ne sont pas Africains et être noir* n’est pas une culture.
Toutes les personnes d’origine asiatique ne sont pas des « Chinois ».
Toutes les personnes originaires du sous-continent indien ne sont pas des « Hindous ».
Toutes les personnes originaires du Maghreb ne sont pas des « Arabes ».
Etc…

Personne n’a l’exclusivité des préjugés
Puisque tous les êtres humains sont libres et égaux, devant l’ignorance et la recherche de la simplification, ils peuvent tous, sans distinction, produire des préjugés racistes sur les autres et sur eux-mêmes.

Noir n’est pas un gros mot.
Il est donc inutile de lui substituer systématiquement « Black » ou « personne de couleur ».

Gare aux indigestions de salades religieuses !
« Arabe* » et « musulman » ne sont pas synonymes : tous les « Arabes » ne sont pas musulmans, et tous les musulmans ne sont pas des « Arabes* ».
Les termes « juif » et « israélien » ne sont pas substituables. Un français de confession ou d’identité juive est français à part entière.
Etc…

Décollons les étiquettes ! Le caractère des individus n’est pas affiché sur leur visage.
L’exotisme, c’est du racisme. Affirmer que les Asiatiques sont intelligents et travailleurs ou que les Noirs dansent bien ce n’est pas sympa, c’est un préjugé raciste.

Les personnes blanches* ne sont pas, des « bleu, blanc, rouge », des « gaulois », des « gaouris(1)« , des « babtous(2) » et n’importe quoi…
Elles peuvent être bien plus expertes en kung-fu ou en couscous, qu’en grands vins de Bordeaux.

Béret, baguette, et paella…

L’identité française n’est ni figée, ni monolithique.

L’identité n’est pas un fromage. Avoir une double nationalité ne signifie pas qu’on est moitié français, moitié étranger : on appartient à ses deux pays à part entière.

En philo, on peut se demander si Dieu est mort, mais, en droit français, on ne tergiverse pas : la République est laïque. Les citoyens de ce pays ont donc le choix de leur religion ou de leur athéisme. On peut être français sans être d’ascendance judéo-chrétienne.

Avoir une culture venue d’ailleurs, qu’elle soit héritée de ses parents ou apportée avec soi dans un parcours de vie, n’empêche pas d’être pleinement français. « L’authenticité », c’est bon pour le marketing, par pour parler d’identité.

La nationalité acquise par droit du sol n’a pas moins de valeur et de légitimité que la nationalité acquise par droit du sang. On ‘est pas plus français ou mieux français parce qu’on est issu d’une vieille famille « bien » française. Autrement, on éviterait les longues démarches administratives en allant directement se faire transfuser.

Complexés, non-intégrés, renégats, bons élèves, bountys, bledards, communautaristes, traitres, assimilés, inassimilables… halte aux jugements hâtifs et réducteurs ! On peut librement faire le choix de revendiquer haut et fort son héritage familial et culturel afin de lui donner une place dans son identité comme on peut faire le choix de se composer une identité singulière détachée de ses origines culturelles et/ou géographiques.

Les Indivisibles développent une vision de l’identité que l’individu est le seul à pouvoir définir. Nous sommes tous riches de diverses appartenances : à chacun de les déterminer. Être français au 21ème siècle, c’est se sentir citoyen d’un pays aux couleurs, aux religions et aux influences culturelles plurielles. Depuis des siècles, l’identité française est en mouvement, et la diversité des Français d’aujourd’hui continue à lui donner de nouvelles couleurs.

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(1) « Français-e blanc-he » en arabe dialectal (péjoratif)
(2) Verlan de toubab (européen-ne-s blanc-he-s en langue wolof). Dans un contexte français, ce mot peut revêtir un sens péjoratif.

*Nous reprenons ici les termes « Blanc » « Arabe » « Asiatique » ou « Noir » comme les catégories sociologiques construites par l’Histoire, et non comme de véritables appartenances ethniques. Ces termes sont issus des contacts entre les différents groupes humains, qui contribuent, depuis des siècles, à créer des catégories d’individus et à ethniciser les rapports sociaux. Espérons que ces termes soient voués à évoluer et peut-être à disparaitre un jour du langage…