L’Espagne appelle à une nouvelle transition

La sévère crise économique que traverse l’Espagne depuis 2007, avec un chômage atteignant les 26% (dont plus de 55% chez les moins de 25 ans) en 2013 et ayant pour conséquence l’expulsion de 184 familles chaque jour, remet en question les fondements du système né après la fin de la dictature fasciste.

Cela fait presque 40 ans que le dictateur fasciste Francisco Franco est mort et que le pouvoir a été reprís par l’actuel Roi d’Espagne, Juan Carlos de Borbón. Aucun responsable des crimes commis sous la dictature n’a jamais été jugé, et certains tortionnaires travaillent toujours pour le Ministère de l’Intérieur.

Pendant ce temps, la monarchie espagnole, symbole officiel de la nouvelle Espagne qui émergea après la dictature, est touchée par de nombreux scandales de corruption, à l’instar du Popular Party, actuellement au gouvernement, et sous enquête judiciaire pour présomption de financements illégaux.

Les frontières avec le Maroc sont protégées par d’imposantes clôtures, mais cela n’empêche pas des centaines de personnes de les gravir chaque jour. Quinze jeunes ont été abattus par des tirs de police alors qu’ils nageaient vers l’Espagne, et la répression policière contre les manifestations a été dénoncée par le dernier rapport d’Amnesty (avril 2014).

Les rêves façonnés durant le changement du régime (les années 1970) ne sont plus. Ceux qui se sont battus pour la démocratie et qui se sont sentis lésés, ont laissé place à de nouvelles générations réclamant des changements dans la constitution. En effet, celle-ci fut adoptée en 1978 puis modifiée uniquement par les deux partis majoritaires pour y inclure une clause autorisant de payer la dette en priorité, et introduisant dans le texte le concept de « fiscalité stable ».

 Miquel Ramos, from València

Journaliste et militant à Human Rights

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