Nationalité à points

Cher Claude,

Si j’étais vous, je serais fier de ma dernière trouvaille de bidouille du droit et des esprits : refuser, en surfant à la limite du droit, la nationalité française à un Algérien qui remplissait tous les critères habituels d’acquisition de nationalité par mariage. Marié depuis les 4 ans requis, casier judiciaire vierge, … mais misogyne. C’est vrai que c’est (très) mal. Mais sous Tartuffe premier, c’est un nouveau critère à l’aune duquel évaluer la francité et en l’espèce la francisation d’un homme. C’est que son épouse ne travaillait pas « car il ne le souhaitait pas » et ne voyait pas beaucoup ses copines ou alors avec monsieur, ce qui cassait un peu l’ambiance des soirées entre nanas.

Comme je suis étonnée que personne n’y ait pensé avant et que je vous soutiens dans cette nouvelle croisade en applaudissant des quatre mains, je vous propose une idée simple de réflexion ou de réforme directe que je soumets à vos meilleurs spécialistes. C’est qu’il faut s’activer un peu, les élections approchent, ratissons large messieurs. Si donc la nouvelle idée géniale est de soumettre le droit d’être français au taux de respect de la femme (la sienne parfois), pourquoi ne pas instaurer un « permis de nationalité à point » basé sur ce critère ? Ce qui est génial avec cette idée est qu’il pourrait avoir un effet rétroactif sur mille générations… Côté coût financier, ça va douiller un peu parce que vous allez vous retrouver avec une armée d’apatrides, mais politiquement ça paiera.

C’est donc un droit de devenir, mais aussi de rester français, pas moins, sur lequel je vous invite, amicalement, à vous pencher. Vous imaginez un peu ? La moindre insulte sur voie publique et ce sont des points qui s’envolent. Quand les 12 points sont épuisés, hop retrait de nationalité et retour au bercail. On trouvera toujours bien un grand aïeul pas bien né ici, n’oubliez pas que plus d’un Français sur quatre a un parent ou grand-parent immigré ! Alors en remontant plus va falloir faire chauffer les turbines des charters… Ce serait la panacée pour rendre la France éternelle à sa galanterie immémoriale, celle d’avant, vous savez. Si vous voulez avoir l’honneur de porter le drapeau français en étendard messieurs, il vous faudra tous sans exception porter l’amour et le respect des femmes en bandoulière si je puis dire.

Bon voyons un peu le détail : combien de points pour un député déclarant publiquement concernant une femme candidate aux élections présidentielles : « mais qui va s’occuper des enfants ? ». Combien pour ses camarades auteurs de « propos déplacés » à une ministre femme en exercice portant jupe dans l’hémicycle, au point de la faire renoncer à rencontrer les élus nationaux autrement vêtue qu’en pantalon ((« Chantal Jouanno a annoncé qu’elle entendait des « propos déplacés » à l’Assemblée Nationale lorsqu’elle portait une jupe. Elle avait confiée ne plus porter de jupe à cause de cela. Cela a fait réagir nombre de députés. »)) ? Combien pour un ancien ministre relativisant une plainte pour viol : « Il n’y a pas mort d’homme » ? Combien pour un homme dont la carrière politique incite fortement sa femme journaliste à cesser de travailler ? Combien pour les intégristes de tous poils et surtout de toutes confessions, bien français, qui séquestrent physiquement femmes et souvent enfants (enfants filles surtout) à la maison (les musulmans ne sont pas plus forts que les juifs et les catholiques en la matière, un point (en moins) partout) ? Et les violeurs, connus ou inconnus, déchéance immédiate de nationalité ?

Et ceux qui, issus de tous milieux sociaux, battent et parfois tuent leur femme, on les envoie en Alsace Lorraine ou en Savoie, ces régions trop fraîchement françaises pour avoir intégré l’égalité des sexes ?

Cela ne vous fait plus rire ? Mais vous n’êtes pas le seul, cher Claude.

Neijma pour les Indivisibles

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