Qu’un sifflet impur…

Bernard Laporte n’en peut plus de ces pinsons parasitant le message de paix de la Marseillaise durant les matchs de football.

« On ne peut pas tolérer que nos joueurs français soient sifflés en permanence durant le match, que notre Marseillaise soit sifflée. »
Qu’est ce qui est remis en cause ici? Le pays, la nation, les joueurs, la politique intérieure, la
chanson, les paroles, la chanteuse, la pelouse? On ne peut supputer outre mesure, n’étant pas dans la tête desdits pinsons.
Mais pour autant, que dire de M. Laporte, secrétaire d’Etat aux sports et à la
jeunesse, qui, par susceptiblité, généralisation hâtive, extrême et dangereuse, en vient à réclamer des pratiques discriminatoires?

«Arrêtons d’être hypocrites, ne faisons plus ce genre de matchs, tout simplement, on va pas donner sans arrêt le bâton pour se faire battre. Ça, on n’a plus envie de le revivre, plus de matches contre l’Algérie, contre le Maroc, contre la Tunisie au Stade de France».
«N’organisons plus ce genre de match, a-t-il repris, comme ça ce public sera privé de son équipe (…) On ne peut pas tolérer que nos joueurs français soient sifflés en permanence durant le match, que notre Marseillaise soit sifflée».

J’imagine un commerçant refusant l’entrée de son magasin à tout marocain, tunisien ou algérien sous prétexte que son échoppe ait été dévalisée par des français , qu’il présume venir hypothétiquement, eux ou leurs ascendants, d’un de ces trois pays?
J’alerterais immédiatement la HALDE.

Bernard Laporte utilise ainsi, en indexant ces trois pays d’une manière éhontée les mêmes méthodes qu’il dénonce. Des personnes sifflent la Marseillaise et Bernard Laporte ne veut plus jouer contre le Maghreb dans sa globalité. Tout paraît logique.

Non seulement le secrétaire d’Etat use et abuse du délit de faciès pour qualifier les perturbateurs, mais il met en cause trois pays, (comme la France qui est peut-être remise en cause par les siffleurs) qui n’ont absolument rien à voir avec cette protestation au stade de France. Les sifflets semblent malgré tout français.

La France, ses symboles, son drapeau, son hymne doivent être respectés, au même titre que ses habitants. L’un ne va pas sans l’autre et le respect exige la réciprocité.

Pour en savoir plus cliquez sur ces liens :
http://www.liberation.fr/sports/0101124449-des-sifflets-condamnes

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