Réponse au Courrier de l’Atlas

Réponse des Indivisibles aux accusations du dossier «dérives de l’antiracisme» du Courrier de l’Atlas du mois d’octobre 2011. Lisez la revue de presse sur le sujet pour plus d’informations.

Nous avons pris connaissance de votre excellent dossier du mois d’octobre consacré aux prétendues « dérives de l’antiracisme ». Nous étions déjà en désaccord avec la ligne éditoriale de votre magazine minimisant systématiquement le racisme vécu par les populations dont vous vous érigez en représentants médiatiques. Héraults de l’intégrationnisme, ennemis déclarés de la notion d’islamophobie, complaisance avec les dictatures…longue et solidement documentée est en effet la liste des griefs que nous pourrions vous adresser.

Vous osez reprocher aujourd’hui aux mouvements antiracistes d’être, dites-vous, ingrats à l’égard de votre travail contre le racisme (notamment le racisme d’Etat). Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’humilité ne vous étouffe pas. S’il devait y avoir un respect et une reconnaissance du travail accompli, n’est-ce pas d’abord à vous d’en témoigner ? A vous lire, il faudrait vous féliciter lorsque vous osez à peine esquisser un début de critique à l’égard du gouvernement. À ce train là, il nous faudrait chanter les louanges de Nicolas Sarkozy qui se montre bien plus véhément à l’égard de Marine Le Pen que vous ne l’êtes envers sa politique à lui… De mauvais esprits vous accusent injustement de rester silencieux face au racisme à gauche… alors que vous le soutenez à bout de bras ! C’est d’ailleurs parce que le racisme banal occupe déjà beaucoup trop l’espace médiatique que vous faîtes de votre mieux pour équilibrer les temps de parole en faveur du racisme d’Etat. Votre magazine est devenue une véritable tribune pour les agents du racisme d’État tel qu’Éric Raoult, Fadela Amara ou Caroline Fourest. C’est sûrement pour que ces vilaines personnes ne le fassent pas à notre place que vous vous êtes collé à la tâche d’actualiser les attaques contre l’antiracisme qui en étaient restées à celles des nouveaux intellectuels réactionnaires des années 1980 qui taxaient l’antiracisme de communisme du XXIème siècle ou de gestapo de la pensée.

Il est d’autant plus formidable que ces attaques proviennent d’un magazine communautaire destiné aux Maghrébins de France. C’est sûrement d’ailleurs pour déconstruire ce préjugé ethno-racial selon lequel les maghrébins ne peuvent êtres racistes contre eux-mêmes, un préjugé qui cause beaucoup de tort. Certes un minimum de déontologie journalistique enjoint à poser ses questions directement aux personnes attaquées. Mais c’est fastidieux et banal alors que leur attribuer ses propres fantasmes est tellement jouissif. Risquer des poursuites pour diffamation est tellement plus excitant que le journalisme à papa…

C’est sûrement par volonté de simplification dans ce fatras d’organisations que l’auteur a amalgamépar exemple Les Indivisibles, l’Alliance Noire Citoyenne ou les Indigènes de la République aux groupes racistes tel que la LDJ. Au passage ne pas lésiner sur de nauséabondes allusions de proximité avec l’antisémitisme, le nazisme, le sexisme ou le « racisme anti-blanc » qui relèvent le tout. Plus c’est gros, plus ça passe. S’il a surtout ciblé ses attaques sur les organisations antiracistes fondées par des descendants de migrants postcoloniaux, faisant preuve d’un tant soit peu d’indépendance et d’intégrité, c’est peut-être pour accroître leur notoriété, qui sait ? Mais goûtant peu à cette démonstration par l’absurde, nous refusons de voir ériger, dans notre grande famille, un mur imposé de l’extérieur séparant mauvais et bons antiracistes.

Seules organisations trouvant grâce à ses yeux : la LICRA et SOS Racisme. La LICRA s’est pourtant illustrée dans le soutien fervent à Brice Hortefeux lorsque ce dernier tint ces fameux propos racistes sur les arabes : « Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ». Elle s’est également exprimée par la voix de son président pour une laïcité de combat à l’égard de l’islam. Son soutien au racisme gouvernemental a payé puisqu’elle a obtenu tout récemment le soutien du Ministère de l’Éducation Nationale pour mener une action de prévention contre le racisme en milieu scolaire. Entre autres cautions du racisme d’Etat et propagateur massif de préjugés racistes, notamment islamophobes, voilà quel modèle de l’antiracisme vous souhaitez nous voir adopter ! Quant à SOS Racisme, il est permis de croire qu’elle lui a été rendue sympathique par les critiques de récupération du mouvement de la marche de l’égalité et contre le racisme des années 80, son déni de l’islamophobie (au prétexte de lutte contre l’intégrisme), Sans parler de constants abus de l’accusation d’antisémitisme par la LICRA à l’égard de toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Le journalisme se porte bien mal pour que ça soit à nous de faire votre travail en pointant les réelles dérives de l’antiracisme !

Ce n’est qu’à la lecture de l’éditorial de réponse aux protestations publiques de citoyens indignés par votre dossier que nous sommes enfin parvenus à trouver une critique sérieuse : « les luttes antiracistes aujourd’hui se sont détachées des valeurs universalistes pour tomber dans la défense d’identités spécifiques qu’elles contribuent à construire et à renforcer. » Toute la rédaction du Courrier de l’Atlas ((dirigée par Naceureddine Elafrite et Yasrine Mouaatarif)) invente un « antiracisme » sur-mesure dont les prétendues « valeurs universalistes » dissimulent mal son adhésion à l’assimilationnisme et à la disparition des identités spécifiques. Si nous ne voyons pas de problème à « construire et renforcer » des « identités spécifiques », comme peuvent le faire les associations cultuelles et culturelles, la lutte antiraciste ne s’y réduit pas. Ces organisations et personnalités que vous ciblez, luttent pour la libération des membres réels ou supposés de ces « identités » des discriminations et préjugés dont ils et elles sont les victimes. Ce véritable universalisme consiste à défendre pour toutes et tous une égale dignité afin de permettre à chacun et chacune de choisir et de vivre librement son ou ses appartenances. L’expression même d’ « identités spécifiques », pour parler des appartenances réelles ou supposées discriminées et humiliées est révélateur d’un déni du racisme, et plus grave, de la volonté de faire passer l’identité dominante comme une norme universelle en excluant les autres dans la spécificité. D’ailleurs, cette piteuse thèse tenant sur un ticket de métro, et sa réfutation dans un paragraphe, vous auriez tout de même pu faire l’économie du gaspillage de papier et d’encre pour un tel dossier, rien que pour la planète et les yeux de vos pauvres lecteurs.

Les Indivisibles

Nous avons pris connaissance de votre excellent  dossier du mois d’octobre consacré aux prétendues « dérives de l’antiracisme ». Nous étions déjà en désaccord avec la ligne éditoriale de votre magazine minimisant systématiquement le racisme vécu par les populations dont vous vous érigez en représentants médiatiques. Héraults de l’intégrationnisme, ennemis déclarés de la notion d’islamophobie, complaisance avec les dictatures…longue et solidement documentée est en effet la liste des griefs que nous pourrions vous adresser.Vous osez reprocher aujourd’hui aux mouvements antiracistes d’être, dites-vous, ingrats à l’égard de votre travail contre le racisme (notamment le racisme d’Etat). Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’humilité ne vous étouffe pas. S’il devait y avoir un respect et une reconnaissance du travail accompli, n’est-ce pas d’abord à vous d’en témoigner ? A vous lire, il faudrait vous féliciter lorsque vous osez à peine esquisser un début de critique à l’égard du gouvernement. À ce train là, il nous faudrait chanter les louanges de Nicolas Sarkozy qui se montre bien plus véhément à l’égard de Marine Le Pen que vous ne l’êtes envers sa politique à lui… De mauvais esprits vous accusent injustement de rester silencieux face au racisme à gauche… alors que vous le soutenez à bout de bras ! C’est d’ailleurs parce que le racisme banal occupe déjà beaucoup trop l’espace médiatique que vous faîtes de votre mieux pour équilibrer les temps de parole en faveur du racisme d’Etat. Votre magazine est devenue une véritable tribune pour les agents du racisme d’État tel qu’Éric Raoult, Fadela Amara ou Caroline Fourest. C’est sûrement pour que ces vilaines personnes ne le fassent pas à notre place que vous vous êtes collé à la tâche d’actualiser les attaques contre l’antiracisme qui en étaient restées à celles des nouveaux intellectuels réactionnaires des années 1980 qui taxaient l’antiracisme de communisme du XXIème siècle ou de gestapo de la pensée.Il est d’autant plus formidable que ces attaques proviennent d’un magazine communautaire destiné aux Maghrébins de France. C’est sûrement d’ailleurs pour déconstruire ce préjugé ethno-racial selon lequel les maghrébins ne peuvent êtres racistes contre eux-mêmes, un préjugé qui cause beaucoup de tort. Certes un minimum de déontologie journalistique enjoint à poser ses questions directement aux personnes attaquées. Mais c’est fastidieux et banal alors que leur attribuer ses propres fantasmes est tellement jouissif. Risquer des poursuites pour diffamation est tellement plus excitant que le journalisme à papa…C’est sûrement par volonté de simplification dans ce fatras d’organisations que l’auteur a voulu tout simplifier en amalgamant par exemple Les Indivisibles, l’Alliance Noire Citoyenne ou les Indigènes de la République aux groupes racistes tels que la LDJ. Au passage ne pas lésiner sur de nauséabondes allusions de proximité avec l’antisémitisme, le nazisme, le sexisme ou le « racisme anti-blanc » qui relèvent le tout. Plus c’est gros, plus ça passe. S’il a surtout ciblé ses attaques sur les organisations antiracistes fondées par des descendants de migrants postcoloniaux, faisant preuve d’un tant soit peu d’indépendance et d’intégrité, c’est peut-être pour accroître leur notoriété, qui sait ? Mais goûtant peu à cette démonstration par l’absurde, nous refusons de voir ériger, dans notre grande famille, un mur imposé de l’extérieur séparant mauvais et bons antiracistes.Seules organisations trouvant grâce à ses yeux : la LICRA et SOS Racisme. La LICRA s’est pourtant illustrée dans le soutien fervent à Brice Hortefeux lorsque ce dernier tint ces fameux propos racistes sur les arabes : « Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ». Elle s’est également exprimée par la voix de son président pour une laïcité de combat à l’égard de l’islam. Son soutien au racisme gouvernemental a payé puisqu’elle a obtenu tout récemment le soutien du Ministère de l’Éducation Nationale pour mener une action de prévention contre le racisme en milieu scolaire. Entre autres cautions du racisme d’Etat et propagateur massif de préjugés racistes, notamment islamophobes, voilà quel modèle de l’antiracisme vous souhaitez nous voir adopter ! Quant à SOS Racisme, il est permis de croire qu’elle lui a été rendue sympathique par les critiques de récupération du mouvement de la marche de l’égalité et contre le racisme des années 80, son déni de l’islamophobie (au prétexte de lutte contre l’intégrisme), Sans parler de constants abus de l’accusation d’antisémitisme par la LICRA à l’égard de toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Le journalisme se porte bien mal pour que ça soit à nous de faire votre travail en pointant les réelles dérives de l’antiracisme !Ce n’est qu’à la lecture de l’éditorial de réponse aux protestations publiques de citoyens indignés par votre dossier que nous sommes enfin parvenus à trouver une critique sérieuse : « les luttes antiracistes aujourd’hui se sont détachées des valeurs universalistes pour tomber dans la défense d’identités spécifiques qu’elles contribuent à construire et à renforcer. » Toute la rédaction du Courrier de l’Atlas invente un « antiracisme » sur-mesure dont les prétendues « valeurs universalistes » dissimulent mal son adhésion à l’assimilationnisme et à la disparition des identités spécifiques. Si nous ne voyons pas de problème à « construire et renforcer » des « identités spécifiques », comme peuvent le faire les associations cultuelles et culturelles, la lutte antiraciste ne s’y réduit pas. Ces organisations et personnalités que vous ciblez, luttent pour la libération des membres réels ou supposés de ces « identités » des discriminations et préjugés dont ils et elles sont les victimes. Ce véritable universalisme consiste à défendre pour toutes et tous une égale dignité afin de permettre à chacun et chacune de choisir et de vivre librement son ou ses appartenances. L’expression même d’ « identités spécifiques », pour parler des appartenances réelles ou supposées discriminées et humiliées est révélateur d’un déni du racisme, et plus grave, de la volonté de faire passer l’identité dominante comme une norme universelle en excluant les autres dans la spécificité. D’ailleurs, cette piteuse thèse tenant sur un ticket de métro, et sa réfutation dans un paragraphe, vous auriez tout de même pu faire l’économie du gaspillage de papier et d’encre pour un tel dossier, rien que pour la planète et les yeux de vos pauvres lecteurs.

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3 Réponses

  1. Jamel dit :

    Vous avez mis les mots qu’il fallait à mes pensées, merci pour votre réponse ! Dans le numéro de Novembre, Le directeur de la rédaction a publié une longue réponse disponible sur leur site, vous l’avez lu ?

  2. slahedine dit :

    excellent!

  3. lamme dit :

    seul solution ?
    allez voter!!
    les raccourcis ne sont jamais bon mais que faire contre la connerie
    l ambiance est au fn light c est tout dire
    qui seme la haine veut surement recolter la tempete
    mais pour quoi faire?

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