Triste regard sur la france , vu de l’étranger.

Bonjour,
Je viens de prendre connaissance de l’existence de votre association en tombant par hasard sur une énième vidéo faisant éloge des propos pitoyables que Mr Zemmour ne cesse de tenir sans aucune évolution depuis le temps qu’il interagit au devant de la télévision.
Je suis une étudiante française métisse vivant depuis bientot 5 ans au Canada. Depuis lors je regarde de temps à autre les nouvelles de mon pays d’origine et je ne cesse d’être accablée par tout ce remue-ménage sur les questions « d’identité nationale » d’immigration, de « problème de banlieue » et etc. Contrairement à d’autres je n’ai jamais vécu se sentiment de rejet ou de non appartenance en France mais plutôt en Martinique (ou j’ai vécu 5 ans de mon adolescence). J’y est connu les distances entre classes sociales et sorte de « ségrégation » entre teinte et couleur de peau. J’y est vécu le favoritisme du blanc, la pauvreté du noir qui occupe la dernière place du rang sociale etc. J’ai aussi vécu le rejet de ma condition par le faite de ne pas être 100% antillaise. J’ai donc fuis et tenté de vivre ailleurs afin de m’éloigner de cet environnement français étouffant, qui s’engouffre dans ces caricatures, amalgames, et préjugés infondés. Maintenant j’observe cela d’un regard extérieur bien que toujours très concerné par la condition de mon pays. Et l’image perçu n’est pas très ravissante, portée par des politiciens sans respects et des médias sans vergognes, je ressens une profonde tristesse face à mon pays. Les préjugés ethniques quotidiens et la peur alimenté par les médias sont les couteaux qui élargissent jour après jour la blessure. Je ne nie pas qu’ici au Canada la situation est meilleure, mais la multi-ethnie et le mélange de culture intégré dans la culture et dans le quotidien, aide à l’intégration. Néanmoins des réflexions tel que  » d’où tu vient? De France? Oui mais pas uniquement… » sont monnaies courantes. Je répond donc à ma guise ne sachant plus vraiment quoi répondre. Je deviens comme de nombreux autres étudiants immigrés sans origine fixe, citoyenne du monde. Je me définirais sans doute par le pays qui acceptera peut-être de m’accueillir en tant que citoyenne officielle. Puisqu’ici au moins je suis réellement immigrante.

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