Une victime un peu suspecte

L’association Les Indivisibles adresse ses sincères condoléances à la famille de Monsieur Saïd Bourarach, sauvagement frappé et mort noyé pendant ses fonctions de vigile au magasin Batkor de Bobigny (93). Nous exigeons que tous les moyens soient mis en oeuvre pour faire la lumière sur ce drame et que justice soit rendue, comme le veut la famille de la victime. Nous espérons ne pas offenser la mémoire du défunt par le texte qui va suivre et qui ne poursuit qu’un objectif: demander une justice et un traitement médiatique égal pour tous.

Fiction:

A l’attention de la famille Bourarach

Nous avons le regret de ne pouvoir donner suite à votre requête d’obtenir gain de cause dans le dossier Saïd Bourarach qui vous oppose aux médias, aux responsables politiques et à la Justice de notre pays.
Ce qu’a commis… euh subi feu Saïd Bourarah ne relève pas de notre champ de compétence puisque l’affaire ne satisfait pas les conditions suivantes :

– Il est à regretter que le défunt ne soit pas télégéniquement correct puisque plusieurs médias sont amenés à croire que l’individu aurait proféré des insultes racistes volontaires ayant entrainé une réplique meurtrière avec intention de la chercher (1 et 2)

– Après enquête, il s’avère que ce drame n’a fait pleurer aucune personnalité politique de poids, pourtant le gouvernement ne manque pas d’âme sensible et l’Agence France Presse n’enregistre aucune pluie de dépêches de lamentation pouvant intercéder en votre faveur.

– L’auditeur qualité Brice Hortefeux ne vous a pas délivré la certification ISO 2010 qui requalifierait l’incident en crime raciste. Le professionnalisme impartial de ce Ministre ne faisant aucun doute, le fait qu’il n’a fait aucun cas de cette affaire lors de son déplacement le lendemain au commissariat de Villepinte (également situé en Seine-Saint-Denis) invalide votre requête.
A titre d’exemple, si au moment des faits qui ont abouti à sa mort, M. Bourarach avait été un usager du RER D agressé par une bande de néonazis maghrébins, votre demande aurait été, à l’inverse recevable.

– Et enfin, M. Bahrarach n’est pas porteur d’un nom fleurant bon « le corps traditionnel français». Vous comprendrez alors qu’il ne puisse mériter la considération du JT de TF1, et donc la notre. (3)

Vous n’avez aucune possibilité de recours, tout comme vos soutiens monomaniaques du « 2 poids, 2 mesures ».
Merci de votre compréhension.

Le service d’aide aux victimes

Noria, pour Les Indivisibles

(1) Site: www.lemonde.fr
Selon l’autopsie de la victime, réalisée jeudi, le vigile est mort par noyade.
La piste raciste ou antisémite n’était pas privilégiée, selon une source proche de l’enquête.

(2) Le journal télé BFM tv 31/03/2010 « La mystérieuse mort d’un vigile de Bobigny »

(3)
Le JT de TF1 a déformé le nom de famille de la victime « Il s’appelait Saïd Barara ». A l’écran, le cousin et le frère de la victime sont respectivement nommés Bahrarach. (voir sous titres à l’écran)

Pour en savoir plus cliquez sur ces liens :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/01/un-vigile-d-un-magasin-de-bobigny-retrouve-mort_1327148_3224.html
http://www.bfmtv.com/video-infos-actualite/detail/la-mysterieuse-mort-un-vigile-de-bobigny-3814388/
http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/2010-03/un-vigile-de-bobigny-retrouve-mort-dans-un-canal-5793652.html

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